Confessions d’un Rookie

Quelques semaines après le Grand Prix d’Italie, nous nous sommes entretenus avec le newcomer du team Rockstar Energy Husqvarna Factory Racing : Christophe CHARLIER (F). Le Corse nous donne ses impressions sur sa nouvelle discipline, ses trois premiers Grand Prix et ses objectifs à moyen terme en EnduroGP

Charlier

Bonjour Christophe, les fans d’Enduro vous connaissent peu, présentez-vous…
Christophe CHARLIER
: « Bonjour ! J’ai commencé ma carrière de Crossman très jeune ! En 2007, j’ai remporté mon premier titre National en Supercross Junior. Puis j’ai été Champion d’Europe MX2 en 2009 avant de débuter ma carrière en mondial l’année suivante. Ma meilleure saison restera 2013 où je termine 4ème en MX2. Cette année là, je gagne 7 manches et monte à quatre reprises sur le podium. Puis j’ai commencé à enchaîner les blessures, d’abord en 2015, où je me blesse au genou (croisé) malgré une manche gagnée et un podium en République Tchèque. On m’avait conseillé de ne pas me faire opérer, j’ai donc continué à rouler sans grands résultats. A l’hiver suivant, je décide de me faire opérer et débarque à l’ouverture du Mondial 2016 sans préparation physique. Je me casse le bassin à ce moment-là. Encore une fois, j’ai continué à rouler et j’ai scoré quelques Top 10 MXGP mais la blessure s’est transformée en pubalgie et j’ai dû dire stop, la douleur était trop intense ! C’est donc après cette saison que j’ai rencontré Fabio (FARIOLI) et que j’ai décidé de tenter ma chance en Enduro. »

Pourquoi avoir décidé de tenter l’aventure EnduroGP après plusieurs saisons en MXGP ?
C.C
: « Comme je vous l’ai dit, j’ai rencontré Fabio durant l’intersaison. Il m’a fait faire des tests et on est très rapidement tombé sur un accord. Je connaissais l’Enduro depuis très longtemps. C’est une discipline que j’appréciais particulièrement et qu’il est très facile de pratiquer chez moi en Corse. Donc, dès que j’ai eu l’occasion de tester des motos d’usine, j’ai vite été conquis par le projet que m’offrait Husqvarna… »

Espagne

« Ce qu’il me manque pour gagner ? L’expérience ! »

Après trois Grand Prix, quel regard portez-vous sur vos débuts en Enduro ?
C.C
: « Les premiers mois ont été compliqués. J’avais beaucoup de difficulté dans les bois, à lire les trajectoires entre les arbres et les rochers. Ce n’est pas quelque chose que l’on voit en MX… Désormais je prends beaucoup de plaisir. J’ai énormément progressé sur mon pilotage et sur les réglages de ma moto grâce aux conseils de Christophe MEYER et Antoine MEO. En plus, rouler en Championnat d’Italie à côté me permet d’engranger de l’expérience et de la confiance. C’est ce qu’il me manque pour vraiment jouer la gagne. Au tout début, dès la mi-course, j’avais une perte de régime. L’effort est totalement différent de celui produit en motocross. Désormais je me suis aussi amélioré sur ce point et je sens que je suis plus vite, plus constant et plus dangereux… »

Commencer directement en Finlande dans le froid, la glace et la neige… Vous aviez dû rêver mieux, non ?
C.C
: « C’est vrai que je n’ai pas été gâté pour mes débuts dans la discipline. C’était un Grand Prix difficile mais je trouve que je ne me suis pas trop mal débrouillé. C’était une belle expérience et en MX, on ne roule jamais dans ces conditions ! Sincèrement, si on devait y retourner dans le futur, ce serait avec plaisir. Cette fois-ci, je serai mieux préparé… » 

A Spoleto, vous vous battiez pour un podium le Samedi avant de vous blesser dans l’Xtreme dans laquelle vous étiez pourtant impressionnant. Vous en avez surement tiré des enseignements…
C.C
: « Dès le début de la journée, j’ai compris que j’étais le plus rapide dans l’Xtreme Test. Comme je me battais pour le podium, je voulais faire un très gros temps dans la dernière XT mais j’en ai trop mis, j’ai pris trop de risque et je me suis blessé… J’ai compris que si l’on a le dessus dans une spéciale, que l’on peut la gagner de 3-4 secondes, il ne faut pas chercher à la remporter avec 6 secondes d’écart car c’est là que l’on fait des erreurs. Toujours assurer et savoir gérer ses efforts. »

Vous êtes déjà très proche d’un premier podium. Combien de temps vous donnez-vous avant d’aller chercher votre première victoire ?
C.C
: « Je ne me donne pas vraiment de temps. Peut-être que je peux déjà aller la chercher si tout se met bien en place mais franchement, je ne me mets pas de pression. C’est ma toute première année en Enduro, je suis là pour apprendre avant tout donc je prends ça cool et ne cherche pas à forcer les choses… »

Pneu

« La Corse, c’est le paradis de l’Enduro… »

En tant que Corse, n’est-il pas trop difficile de s’entraîner sur l’île de beauté ?  
C.C
: « Vivre en Corse, c’est le paradis de l’Enduro ! Nous n’avons pour le moment pas de problèmes avec les écologistes, ni même avec la police. D’ailleurs, pour tout vous dire, la police vient des fois voir ce qu’il se passe et au final, il reste au bord de la spéciale à m’encourager et à prendre des photos avec moi… Et puis, la Corse, géographiquement, c’est le top. Vous rencontrez tous les types de terrains. Personnellement, je m’entraine à Aullene, où il y’a deux pistes de MX et une spéciale d’Enduro, et aussi dans mon club à Ajaccio, le Racing Moto Club Corsica. J’y ai tracé une Enduro Test, une Xtreme et même une piste de SX ! En plus, depuis que les gens savent que je me suis mis à l’Enduro, j’en vois de plus en plus pratiquer cette discipline en Corse. »

Qu’est ce qu’il vous plait et ne vous plait pas en Enduro ?
C.C
: « Pour être franc… Tout me plait ! Ce que j’aime moins, je me force à le travailler pour y être plus performant et savoir l’apprécier. Bien sûr, il y a des choses que j’aime plus que d’autres comme les Cross Test et quelques fois les Xtremes. Je ne me pensais pas aussi rapide dans ce type de spéciale mais il faut avouer qu’en Espagne et en Italie, je me suis surpris à prendre du plaisir dedans et y être très rapide. »

Comment vous voyez-vous dans 5 ans ?
C.C
: « Dans 5 ans, je me vois encore en Enduro avec quelques titres de Champion du Monde ! Ensuite, cela me plairait vraiment de me diriger vers le Rallye. Faire une carrière à la MEO par exemple, en ayant accomplit de belles choses en Enduro avec plusieurs titres et ensuite rouler au Dakar… Une fois cela, j’aurais fait le tour entre le MX, l’Enduro et les Rallyes. Pourquoi pas aussi essayer le SuperEnduro, c’est une discipline qui me plait et qui m’aiderait beaucoup à m’améliorer techniquement pour l’EnduroGP ! »

Finlande

Christophe CHARLIER Digest

Nom : CHARLIER
Prénom : Christophe
Surnom : CC23
Nationalité : France
Né le : 20 Juillet 1991
A : Ajaccio (Corse)
Moto : Husqvarna 350 FE
Numéro : 23
Palmarès :
2007 : Champion de France SuperCross Junior
2008 : 8ème du Championnat d’Europe MX2
2009 : Champion d’Europe MX2
2010 : 12ème du Championnat du Monde MX2 – Champion d’Italie MX2
2011 : 12ème du Championnat du Monde MX2
2012 : 19ème du Championnat du Monde MX2
2013 : 4ème du Championnat du Monde MX2
2014 : 8ème du Championnat du Monde MX2 – Champion d’Italie MX2
2015 : 16ème du Championnat du Monde MXGP
2016 : 16ème du Championnat du Monde MXGP
2017 : Débuts en Enduro
 

Italie