“Je peux être aussi rapide que certains Champions du Monde!”

Arrivé à Agadir Mardi aux alentours de midi après deux semaines d’entrainements intensifs chez lui dans l’Arizona, Taylor ROBERT (USA – KTM) s’est posé avec nous quelques instants en attendant de pouvoir aller reconnaître les spéciales le Mercredi matin. Le pilote officiel KTM s’est confié sur sa saison de SuperEnduro, ses objectifs en EnduroGP et nous a aussi parlé du regretté Kurt CASELLI, l’homme qui lui a donné envie de venir rouler en Championnat du Monde…
 
Bonjour Taylor, tout d’abord, félicitations pour votre 4ème place en SuperEnduro… Satisfait ?
T.R
: « Plutôt oui ! C’était clairement beaucoup mieux que la saison passée étant donné que j’ai pu participer à toutes les manches. Mais j’ai connu pas mal de hauts et de bas… Il faut désormais que je trouve de la constance dans l’effort. Je sais que j’ai la rapidité pour venir me battre avec les pilotes de tête. Mais je suis malgré tout assez satisfait de cette 4ème place et désormais, je peux me concentrer sur l’EnduroGP ! »
 
Vous étiez l’un des plus rapides durant la fin de saison. N’êtes vous pas un peu frustré d’avoir trouvé ce rythme si tard ?
T.R
: « Frustré et aussi déçu ! Honnêtement, j’étais plutôt content après la Pologne avec deux troisièmes places mais ensuite la malchance m’a rattrapé et comme je vous l’ai déjà dit, au final, j’ai connu beaucoup de hauts et de bas. Je suis un peu frustré que ma saison entière ne fut pas comme les deux derniers Grand Prix mais c’est la dure loi du SuperEnduro. Vous ne savez jamais ce qu’il va arriver et il faut avouer que c’était assez chaotique cette année pour moi ! »
 
Après une fracture du scaphoïde en 2015, vous devez être plutôt soulagé et content de finir cette saison sans blessure…
T.R
: « Oui ! Je me suis cassé le scaphoïde quelques jours après le premier Grand Prix de la saison et ne m’en suis aperçu qu’après le troisième… L’année passée fut difficile pour moi mais cette année, satisfait d’avoir terminé la saison sans problème physique et 100% prêt à m’attaquer à l’EnduroGP !"
 
Robert SuperEnduro

 

« Le SuperEnduro était « chaotique » cette saison ! »

 
Avec tous ces voyages entre les USA et l’Europe, comment arrivez-vous à gérer le décalage horaire ? N’est-ce pas trop fatigant ?
T.R
: « Maintenant, j’ai en quelque sorte un système pour récupérer du mieux possible le décalage horaire. Déjà, j’essaye de dormir le plus possible dans l’avion. Une fois arrivé en Europe, je me débrouille pour rester éveillé durant toute la journée pour ensuite me coucher très tôt dès le premier soir. Par exemple, aujourd’hui, je suis arrivé ici à midi et j’ai été fatigué toute la journée. Je voulais faire la sieste mais je savais qu’il ne le fallait pas même si ce n’était vraiment pas facile. Pour le SuperEnduro, j’arrive généralement le Jeudi lorsque la course est le Samedi. Avec une journée entière de repos, c’est plus simple. »
 
Vous avez fait beaucoup de voyages en Europe durant ces derniers mois. Appréciez-vous ce continent ?
T.R
: « C’est sympa ! Il y a tellement de différences entre chaque partie de l’Europe. Aux Etats-Unis, tout est presque identique. Bien sûr, le climat est différent mais partout où vous allez vous avez les mêmes magasins et tout le monde parle la même langue. En Europe, dans chaque pays où vous allez, tout est différent. Chaque pays à son climat, sa langue, ses magasins et sa propre histoire. C’est un peu fou pour nous car nous ne sommes pas trop habitués à cela mais heureusement pour moi, tout le monde parle plus ou moins anglais. Même si je parle un peu Espagnol, ce ne serait pas toujours facile sinon… Il me tarde vraiment de « vivre » cette année. C’est une excellente expérience pour moi que de voyager à travers le monde et de voir des choses nouvelles… »
 
Comment se déroule une journée normale dans la vie de Taylor ROBERT ?
T.R
: « Quand je suis à la maison, tout est très organisé, beaucoup moins fou que lors de mes voyages partout dans le monde. Généralement je me lève et pars rouler très tôt le matin. En Arizona, l’été est vraiment très chaud alors, comme la semaine dernière, je me lève vers 5 heures du matin, et je pars rouler à partir de 6 heures et demi. Je roule donc quelques heures puis ensuite je vais à la salle de sport. Une fois terminée, je rentre chez moi et bosse sur ma moto. Je prépare le repas et voilà ainsi une journée bien remplie ! »
 
Nous sommes très heureux de vous accueillir sur l’EnduroGP ! Comment avez-vous pris la décision de venir sur le Championnat ?
T.R
: « C’est simplement une combinaison entre moi, Fabio (FARIOLI) et Antti KALLONEN, le bosse de KTM USA. Lorsque j’ai signé mon contrat avec KTM en 2014, j’ai demandé à Antti s’il serait possible de faire quelques Grand Prix du Championnat du Monde. Sa réponse fut très évasive… Par la suite, j’ai connu une certaine réussite sur les Six Jours et donc pu prouver à Fabio que j’avais la vitesse pour venir me frotter aux meilleurs. Après les Six Jours en Slovaquie l’année passée, il est venu me voir et m’a demandé si j’étais intéressé pour faire tout le Championnat. Je lui ai de suite répondu : « Bien sûr ! Allons-y de suite ! » Il y a quelques années, je m’étais intéressé aux résultats de Kurt (CASELLI) sur les quelques manches auxquelles il avait participé. Il voulait vraiment participer à l’intégralité du Championnat mais il n’a malheureusement jamais eu l’opportunité de le faire… A partir de ce moment-là, j’ai essayé de marcher dans ses pas et je me sens très chanceux et privilégié d’avoir cette opportunité ! »
Robert enjoying
ROBERT profitant des merveilles du Maroc avec les frères MCCANNEY

 

« J’ai voulu suivre l’exemple de Kurt CASELLI… »

 
La transition entre le SuperEnduro et l’EnduroGP ne sera-t-elle pas trop difficile ?
T.R
: « C’est clairement deux styles de course très différents mais j’ai une très bonne base pour l’enduro. Je viens du motocross et j’ai toujours faire des courses off-road aux USA. Ce n’est que depuis cinq ans que je me suis mis à rouler en SuperEnduro et en Endurocross. Ce Championnat du Monde me ramène à mes racines. J’ai toujours beaucoup apprécié les ISDE et il me tarde désormais de rouler en EnduroGP. »
 
Pourquoi avez-vous finalement opté pour l’E2 et la 350 EXC-F ?
T.R
: « Je sais que beaucoup de personnes pensaient que j’allais rouler en E1 avec une 250cc et je n’ai jamais compris pourquoi. J’ai juste roulé avec cette moto pour le SuperEnduro. Avant cela, j’ai toujours été au guidon de 450cc ou de 500cc ! L’an passé, pour les Six Jours, j’ai testé le 350cc et j’ai pris beaucoup de plaisir avec. J’ai donc pris la décision de rouler avec cette moto. Pour les courses de désert, je vais choisir sans hésiter un 500cc mais pour un Championnat à l’année avec différents types de terrain, je pense que le 350 est la meilleure moto possible… »
 
Comment allez-vous gérer votre vie désormais ? Vous allez rester en Europe ou vous allez continuer les allers-retours entre les US et l’Europe ?
T.R
: « Je n’ai pas encore décidé… Je vais rentrer chez moi entre le Portugal et la Grèce, ainsi qu’entre la Grèce et la Finlande. Après la tournée Finlande-Suède, je verrais comment je me sens et je verrais ce que je veux faire. Pour l’instant, ça peut aller car on a pas mal de break entre les courses mais cela se corse un peu plus cet été avec beaucoup de voyages en très peu de temps. »
 
Quels sont vos objectifs pour cette première année en EnduroGP ?
T.R
: « Je pense que je suis aussi rapide que ces gars là. J’ai roulé sur pas mal de Six Jours et les dernières fois, j’ai prouvé que je pouvais être du même niveau que certains Champions du Monde. Donc mon objectif est de venir ici et de me battre pour le titre. Je ne suis pas venu pour « participer »… ce n’est clairement pas mon objectif ! Je suis venu ici pour gagner. Je me suis beaucoup entrainé durant ces dernières semaines après le SuperEnduro. J’ai réglé ma moto comme je le voulais et je suis maintenant très impatient de débuter le Championnat ce weekend. »
 
T Robert action

 

En trois mots…
 
SuperEnduro: Fou, Technique, A rebondissements.
EnduroGP: Rapide, Coulé, Réfléchi
Taddy BLAZUSIAK: Rapide, un peu Fou, Très Compétitif
Cody WEBB: Aptitudes exceptionnelles, Contrôle, Trial
Colton HAAKER: Le plus Rapide, Personnalité décalée, Plaisant de rouler avec
Ty TREMAINE: Jeune, Agressif, Futur devant lui
Kevin ROOKSTOOL: Décontracté, Marrant, Facile à côtoyer
Matthew PHILLIPS: Plus rapide qu’il ne semble, Marrant, Bourré d’énergie
Fabio FARIOLI: Occupé, Intelligent, Papa Poule
Ivan CERVANTES: Nice Guy, Fun, Rivalité saine
Nathan WATSON: Jeune, A beaucoup à apprendre, Style très agressif
 

Taylor ROBERT Digest
Nom : ROBERT Taylor
Surnom : TR33
Date de Naissance : 10 Juillet 1990
Lieu de Naissance : Scottsdale (Arizona)
Nombre : 33
Moto : KTM 350 EXC-F
Palmarès :
2011: 8ème AMA Endurocross
2012: WORCS Champion – 3ème AMA Endurocross
2013: 5ème AMA Endurocross
2015: 11ème SEWC Prestige – 5ème AMA Endurocross
2016: 4ème SEWC Prestige

Taylor Robert bike