« L’EnduroGP doit évoluer ! »

Représentant Yamaha Europe en Enduro et en Rallyes, Alexandre KOWALSKI est un des protagonistes qui a œuvré dans la « mutation » entamée en 2016 par le Championnat du Monde FIM Maxxis d’Enduro. A l’aube de la toute première saison du nouveau format EnduroGP, le manager Français nous donne son regard sur la discipline et bien sûr sur ses teams officiels Yamaha…

Kowalski

Bonjour Alexandre, quel regard portez vous sur la saison passée ?
Alexandre KOWALSKI
: « Chez Yamaha, 2016 a été une année de construction. Cela faisait quelques années que nous étions absent officiellement sur la scène Enduro et cela nous tenait à cœur de revenir et d’être un acteur clef de l’EnduroGP. L’arrivée de nouveaux produits comme la Yamaha WR450F est tombée à pic. Cela nous a aussi permis d’aider certains teams et d’être ainsi présent dans quasiment toutes les catégories puisque l’on avait des motos en Juniors, en E2, en E1 et bien sûr en EnduroGP »

Quels sont vos objectifs pour 2017 ?
A.K
: « Nous avons connu de bons résultats la saison passée avec des podiums en EnduroGP et des victoires de catégories. Donc 2017 est une année de renforcement. Avec ce nouveau format de catégories, nous allons rester focus sur l’Enduro 2 et l’EnduroGP. Je ne néglige pas non plus la catégorie Juniors avec Mikael PERSSON (S). En 2016, on a terminé 3ème en E2 avec Loïc (LARRIEU), donc l’objectif cette année est de faire mieux que trois ! Il faudra régulièrement chasser les podiums, animer l’EnduroGP et être parmi les meilleurs. Idem en Enduro 2… Malgré une blessure en cours de saison, Jamie MCCANNEY jouait devant en E1. Maintenant, on voit qu’il est bien affuté et prêt pour une nouvelle saison. Aujourd’hui, on a peut-être que trois pilotes, mais ce sont trois pilotes clefs qui seront des acteurs au plus haut niveau dans chaque catégorie… »

McCanney
Jamie MCCANNEY (GB) - Pic: Future7Media

« Des acteurs principaux dans chaque catégorie… »

Pendant un temps, un « gros poisson » était pressenti mais au final cela ne s’est pas fait…
A.K
: « Les choses étaient presque faites. Mais il y a eu un problème personnel qui a empêché ce « gros poisson » de venir. Mais nous ne sommes pas déçus pour autant. Aujourd’hui, je pense qu’il faut regarder devant. Cela aurait été bien de l’avoir parmi nous pour Yamaha et pour l’EnduroGP, cela aurait apporté beaucoup de fraîcheur. Mais c’est comme ça, il faut se tourner vers l’avenir, préparer la saison qui arrive à grand pas et rester concentré sur les objectifs. Et puis, chez Yamaha on cherche vraiment à avoir un esprit familial, c’est pour ça que j’ai voulu réunir le team Outsiders et le team Johansson durant cette conférence de presse Yamaha Europe. Cela permettra aux pilotes de rester concentrer sur leurs objectifs… »

Visez-vous le titre dans les trois catégories ?
A.K
: « Aujourd’hui, nous faisons de la compétition pour animer le marché de la moto. On est là pour distiller une image de performances et de résultats et surtout pour apporter le meilleur spectacle aux clients et aux spectateurs. Donc bien sûr, lorsque l’on fait de la compétition à ce niveau là, c’est pour gagner et ce n’est pas pour terminer deuxième ou troisième… Mais je ne veux pas mettre de pression aux teams. Je pense aussi qu’il y a des titres qui sont gagnés ou perdus de très belle manière : nous l’avons encore vu au Touquet cette année avec une bagarre entre deux champions qui se respectaient. Si on s’aligne c’est pour aller gagner des titres, mais ce qu’il faut c’est que les saisons soient belles et que Yamaha soit véritablement un animateur du marché et du Championnat ! »

Un regard sur l’ouverture en Finlande… Allez-vous vous préparer en conséquence ?
A.K
: « Oui, c’est prévu ! Cette année est particulière avec cette ouverture dans la neige donc ça sera quelque chose de complètement nouveau. Le format sera aussi nouveau puisque les spéciales seront toutes différentes et il n’y aura pas possibilité de les reconnaître. Quelque part c’est une petite révolution pour le monde de l’Enduro. On sait que l’Enduro a un esprit très traditionnel, très conservateur et je trouve cela bien d’apporter cette nouveauté. Ca ne nous facilite pas la tâche car cela demande des investissements supplémentaires, des déplacements et des préparations différentes mais je pense que pour pérenniser et renforcer un championnat tel que l’EnduroGP, il faut le faire évoluer. Les deux catégories qui arrivent vont aussi apporter un vent de fraîcheur et on aura véritablement deux Champions du Monde d’Enduro. Avoir des profils différents de course va aussi beaucoup apporter… Du côté de Yamaha, nous avons le team Johansson qui est Suédois et grâce à notre cohésion de team, dès que Joakim (JOHANSSON) a su que l’on montait en Finlandais, il nous a tout de suite proposé de venir nous préparer chez lui… »

Persson
Mikael PERSSON (S) - Pic: Future7Media

« Les réseaux sociaux ont bouleversé nos métiers… »

Allez-vous faire la même chose pour le Grand Prix du Royaume-Uni ?
A.K
: « La Grande Bretagne c’est encore différent puisqu’il y aura un Enduro Sprint le Samedi et une GNCC le Dimanche. Il y’aura un entrainement spécifique mais nous n’irons pas spécialement là bas pour nous préparer. On va en Finlande car il y aura de la neige et de la glace donc il faudra rouler avec des pneus cloutés, des poignées chauffantes… Il y a toute une logistique à mettre en place. »

En tant que Porte parole Yamaha, vous étiez pour les nouvelles catégories et les nouveaux formats de course ?
A.K
: « Il y a 20 ans, l’Enduro était ce qu’il était. Il faut toujours tenir compte du passé pour voir ce qui a été bâti mais faut aussi vivre à l’instant présent et se projeter dans le futur. On le voit dans toutes les disciplines et tous les sports. Les sports mécaniques évoluent ; que ce soit en vitesse, en rallye, en Enduro ou en Motocross. Il y a une évolution du spectateur aussi et surtout de la transmission d’images. Les réseaux sociaux ont bouleversé nos métiers en termes de communication et d’image. Je pense donc qu’aujourd’hui, il est nécessaire d’évoluer. On va peut-être faire des erreurs mais dans tous les cas, il faut faire bouger tout ça car jusqu’à présent, l’Enduro était trop conservateur. C’est bien d’apporter de la fraîcheur et des idées nouvelles pour permettre de s’ouvrir au public. Il est important que les gens nous perçoivent de manière beaucoup plus simple. Quand tu as dix catégories et donc dix plaques de couleurs différentes, tu ne sais plus faire la différence… On serait dans le sport régional ou national, je pondérerais mes propos car il faut récompenser le maximum de gens mais dans le sport de haut niveau, il n’y a qu’un seul vainqueur et qu’un seul Champion ; que ce soit en course à pied, en tennis, en bateau ou en foot. Il était important de simplifier la visibilité du Championnat et d’avoir un ou deux Champions comme on peut l’avoir en MotoGP par exemple ! »
 

Yamaha
Alexandre KOWALSKI en 2016 en Finlande avec Marc BOURGEOIS et Loïc LARRIEU